vendredi 4 novembre 2016

Pomme de terre au potager 2016: le plaisir de voir la diversité génétique s'exprimer à l'aide des TPS (true potato seed)


Un billet qui se veut un retour sur mon amusement de l'été au potager: mon projet pomme de terre à partir de TPS (true potato seed). Que d'amusement, de diversité et de beauté pour les yeux et la bouche! Ici l'idée n'était pas de produire les plus grosses pommes de terre au monde, mais tout simplement d'arriver à produire des plants de pomme de terre à partir des graines que j'ai récupéré à la saison 2015 sur mes plants de pomme de terre. J'en parlais en février dernier justement. Les tubercules n'avaient pas besoin d'être gros pour moi, car je leur réservais une utilisation rapide de pomme de terre nouvelle à consommer avec la pelure.

Mes TPS me provenaient de plants femelles des variétés "congo", "Rouge Michel Lachaume" et "Ratte"... mais le pollen lui a pu provenir des 10 variétés présentes dans mon potager en 2015 (voir le billet de février pour la liste des 10 variétés). J'ai eu le privilège de visiter Véro et Éric dans cette même période et ils m'ont fait cadeau de TPS qui leur avaient été offert par Michel Lachaume et qui provenaient de plants de pomme de terre résistants au Mildiou. Alors j'ai fait un essais de culture au potager 2016 avec 4 différents lots de TPS.

D'abord pour donner une idée de la grosseur des semences, voici quelques photo prisent quand j'ai fait mes semis le printemps dernier (avant d'aller rencontrer Véro et Éric). 





J'ai fait un semis avec 20 semences pour chaque lot de TPS puisque je n'avais aucune idée de taux de germination que j'obtiendrais. (pas fait de test pré-alable)

Les graines de congo étaient plutôt foncées, celle des "Rouge Michel Lachaume" étaient plutôt blanches et celles des "Ratte" étaient plutôt blondes. Difficile à voir sur les photo, mais les semences des "Rouge Michel Lachaume" étaient un peu plus volumineuses que les 2 autres.

J'ai peu de photo de mes plants au potager cette année, mais voici quand même ce que les minuscules semis avaient d'l'air lorsqu'ils ont germé et un des plants quelques semaines plus tard avant la mise en terre.




Parenthèse concernant les semences de pomme de terre. Même si j'avais eu des TPS provenant uniquement de fruits produit par auto-pollinisation, j'aurais vu amplement de variabilité génétique parmi mes semis qui se serait exprimé via le phénotype (ce que l'on peut percevoir, ce que les gènes expriment) et c'est justement ce qui m'attirait dans ce projet! C'est l'une des particularités de la pomme de terre (contrairement à la tomate) et une des raisons pour lesquelles on la propage via le tubercule (multiplication végétative plutôt que germinale), c'est la façon de garder la lignée tel quelle facilement sans avoir besoin de passer par une étape longue de stabilisation génétique (et plus ardue avec une polyploïdie et qui finirait en appauvrissement génétique plus que d'autre chose). Autrement, via les TPS il y a forcément re-brassage génétique et les phénotypes observés sont variés en partie à cause de la polyploïdie (nombre de copie des chromosome) qui augmente les possibilités de combinaisons. Les différentes variétés de pomme de terre que nous connaissons et achetons au super marcher vont généralement être tétraploïde (4 set de chromosome) ou parfois diploïde (2 set de chromosome), mais il est possible aussi d'avoir de la triploïdie, de la pentapoïdie et de l'hexaploïdie chez la pomme de terre (Rousselle P. Robert Y, Crosnier JC (1996). La pomme de terre. Production, amélioration, ennemis et maladies, utilisations. Mieux Comprendre. Paris. FRA: INRA Editions

Prêt à voir les tubercules que j'ai obtenu au potager à la saison 2016?

D'abord les tubercules de mes TPS "congo" 

Sur 20 graines semées, 18 ont germé. 

C'est le lot qui a pris le plus de temps à germer (jusqu'à 14 jours) et qui montrait le plus de signes de disparités entre les semis, certain plantules étaient très faibles et chétifs, d'autres étaient forts. J'en ai donc perdu en court de route. Au moment de transplanter dehors il restait 15 plants. Plusieurs ont aussi succombé lors de leur passage à l'extérieur. 

Au final, seul 7 plants de TPS congo m'ont donné des tubercules pour ma récolte en août. Deux de ces 7 plants m'ont donné quelques (4 et 1) fruits aériens à partir des quelles je pourrai extraire de nouvelle semences TPS.





Ensuite les tubercules de mes TPS "Rouge Michel Lachaume"

Sur 20 graines semées, 19 ont germé. 

C'est le lot qui a germé le plus rapidement (5-6 jours)... Est-ce parce que les semences étaient plus grosse déjà à la base? Je ne sais pas, peut-être! 16 plantules se rendront jusqu'au semis extérieur et un seul plant n'appréciera pas le choc de transplantation à l'extérieur.

Au final, 15 plants de TPS rouge Michel Lachaume m'ont donné des tubercules. La diversité est assez impressionnante à observer pour ce lot de TPS. Couleur de pelure (bleu, bleu-mauve, violet, beige, rose pâle, presque blanc, gris-rose, rouge-rose), couleur de chaire (jaunâtre, jaunâtre veiné mauve, blanc, blanc crème, blanc veiné mauve) et forme (ronde, ovale ou allongée) variées pour le bonheur de qui recherche de la diversité!

Ma préférence va pour le tubercule à pelure bleu-mauve foncé et à chaire jaune avec reflet mauve (2e de la rangée du haut). Je suis bien contente d'en avoir un comme ça. En fait, j'en souhaitais un exactement comme lui pour mon propre plaisir! J'aime visuellement la couleur bleu-mauve de la pelure et j'adore le goût des pommes de terre dont la chaire est jaune/doré. J'en ai gardé des tubercules pour continuer l'essais au potager 2017 avec celui-ci.



Troisièmement les tubercules de mes TPS "Ratte"

Sur 20 graines semées, 7 ont germé. 

Les 7 plantules se sont rendu jusqu'à la transplantation à l'extérieur, toutefois seulement 4 plants ont survécu et m'ont donné des tubercules.

Mais c'est dans ce lot que j'ai eu l'une de mes plus grande surprise. Un des plants m'a donné pas moins que 112 tubercules à lui seul! Les tubercules étaient petits, mais suffisamment gros pour les cuire entiers et les transformer en une délicieuse salade froide de pomme de terre. Une belle grosseur pour faire une bouchée sans avoir besoin d'éplucher, ni de couper les petits grelots en questions! Je suis curieuse de savoir si les tubercules seraient devenus plus gros si je les avais laisser atteindre leur pleine maturité. Je le saurai bien l'an prochain, car j'ai conservé des tubercules de ce plant afin de les mettre en terre au potager 2017. Puis en prime j'ai eu 16 fruits aériens sur ce plant.

Un second plant de TPS Ratte pour sa part m'a donné 71 tubercules, cette fois-ci avec une chaire auréolé de bleu. Ici aussi 7 fruits aériens pour m'amuser plus tard!



Finalement l'unique plant TPS "résistante au mildiou"

Sur 20 graines semées, 1 seule a germé.

Ce seul plant a très bien survécu la transplantation extérieur et était franchement vigoureux et très productif en fruits aériens. Pas moins que 63 fruits aériens récoltés sur ce seul plant! Promesse d'amusements futurs!

Par contre côté goût et texture, les tubercules de ce plant laisse franchement à désirer. Un type de pomme de terre plus fibreux et moins agréable à consommer.

Sauf qu'avec son potentiel génétique différent de résistance à la maladie, je suis bien contente d'avoir obtenu un aussi grand nombre de fruits aériens! Surtout que c'est la seule graine de ce lot qui a germé! 



mercredi 15 juin 2016

Dessert d'été: crème glacée sur coulis de camerise à l'érable accompagné de nos premières fraises



Un petit plaisir d'été parce que les petits fruits de saison sont entrain de se pointer le bout du nez avec la chaleur. Aujourd'hui, je suis allée faire un peu d'auto-cueillette de camerise. Un des premiers petits fruits disponible. J'ai débuté ainsi mon stock de fruits congelés pour cette saison.

Retour à la maison, zou j'ai demandé à ma grande de nous partir une batch de crème glacée qui serait prête pour le dessert.



Pendant ce temps j'ai roboté des camerises avec du sirop d'érable pour en faire un délicieux coulis.

Petit tour au potager pour aller chercher nos premières fraises rouges de la saison. Oui il n'y en a qu'une poignée pour l'instant, donc on partage dans le dessert! 



Au passage j'attrape aussi quelques feuilles de menthe... me semble que de la menthe ciselée dans le dessert ça serait bon ce soir.

Assemblage du tout: fond de coulis camerise au sirop d'érable, splouch de crème glacée, rondelle de banane, morceaux de fraise, menthe ciselée, arachide et fève de cacao et re-coulis de camerise.

Un délice savoureux qui marque le début de la saison des petits fruits et des desserts frais.... et bientôt la fin de l'année scolaire.



Bon été!

samedi 21 mai 2016

Mes plants de kale ont survécu à l'hiver 2015-2016 et font des boutons floraux à la saison 2016

Bouton floral non-éclot de mes kale "red russian"
Chaque saison au potager nous apporte son lot de surprises qui sont toutes autant de petit bonheur. Cette année parmi les surprises, il y a le kale red russian qui a réussi sont hivernation.

Je suis bien contente d'avoir retrouvé mes plants de kale red russian encore en vie après la saison hivernale. Bon, c'est certain que c'était pas l'hiver le plus froid, mais je n'avais pas non plus protégé mes plants de kale vraiment. (J'avais tenté l'expérience l'année précédente aussi, mais malheureusement ce fut un de nos hivers les plus froid en 2014-2015 et mes plants n'avaient pas "toffés".)

J'espère bien pouvoir récolter des semences de mes kale cette année. Une première pour moi.

Pis le kale, ben c'est du bonheur pour ma cocotte no2. Toute la saison dès qu'elle veut un peu de verdure dans un sandwich, ben c'est du kale qu'elle va se chercher au potager. Elle a commencé un coin de potager à elle pour la saison. Devinez quelles graines elle a demandé à sa maman dans sa liste ;) Ben oui du kale!

Mes plants de kale le 12 mai 2016

Mes plants de kale le 21 mai 2016